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Terre-de-Haut

Pompierre, Terre-de-Haut

Pompierre, Terre-de-Haut

A quelques kilomètres au Sud de la Basse-Terre se situe le célèbre archipel des Saintes composé de quelques îles, dont deux seulement sont habitées : Terre-de-Haut et Terre-de-Bas. Chacune de ces deux îles est constituée d’une seule commune appartement au département de la Guadeloupe ; Terre-de-Haut compte 1800 âmes, à peu près deux fois plus que sa petite sœur Terre-de-Bas.

Très appréciées par les touristes, les Saintes ont la réputation d’avoir su préservé un mode de vie d’un autre temps : on s’y déplace principalement à pied, la vie n’est rythmée que par le soleil et par les passages des bateaux venant de la Guadeloupe, le sentiment de sécurité y est parfait…

Grande Anse, Terre-de-Haut

Grande Anse, Terre-de-Haut

Pour ne rien gâcher, le faible relief des îles des Saintes fait que les nuages les survolent sans jamais s’y accrocher. L’archipel bénéficie ainsi d’un climat bien plus sec que la Guadeloupe et on est assuré d’y trouver le soleil lors de son séjour, période cyclonique mise à part bien sûr. L’expérience nous permet de le confirmer puisque nous y avons passé la dernière semaine sous un soleil caniculaire, alors que la Guadeloupe était sous les eaux.

Une nature… appréciée des touristes

Coucher de soleil

Coucher de soleil

Si, comme nous, votre motivation première pour aller aux Saintes est d’y trouver une belle nature sauvage, vous serez servis si vous y passez plusieurs jours, et déçus si vous n’y passez qu’une journée. En effet, l’île ne révèle sa beauté qu’au petit matin et à partir du soleil couchant.

Entre les deux se pressent de tristes hordes de touristes grillés au soleil puis gratinés à la crème solaire, lesquels envahissent bruyamment les lieux pour y passer les (terribles) heures chaudes de la journée à se retourner lourdement sur le sable pour parfaire leurs rougeurs avant de retourner éponger leur coups de soleil dans leur ti punchs quotidiens. Mais une fois que cette effrayante troupe a quitté les lieux, la nature reprend ses droits et offre au touriste patient et contemplatif de magnifiques anses sauvages où fourmille une riche faune sous-marine et aviaire.

Horibeau violacé à l'aube, Figuier, Terre-de-Haut

Horibeau violacé à l’aube, Figuier, Terre-de-Haut

Une population singulière

Au-delà de leur topographie singulière et de leur charmante nature, les Saintes recèlent aussi une véritable particularité dans les Antilles : sa population. En effet, contrairement à la quasi-totalité de l’arc antillais, on ne trouve pratiquement pas de métissage en Terre-de-Haut, les Saintois étant pour la plupart des descendants directs des colons bretons et normands du XVIIème siècle.

Pompierre, Terre-de-Haut

Pompierre, Terre-de-Haut

La raison principale de cette absence de métissage est que Terre-de-Haut a de tout temps été tournée vers la mer et très peu vers la terre. N’ayant jamais développé de plantations de canne, de coton ou d’indigo, Terre-de-Haut n’a donc jamais éprouvé le besoin de faire venir des esclaves à la terrifiante époque du commerce triangulaire. Et si un léger métissage existe maintenant, l’isolement et l’insularité font que les Saintois restent majoritairement entre eux.

Ceci dit, l’ambiance saintoise reste résolument caribéenne et au jour d’aujourd’hui, il faut bien avouer que la culture saintoise n’a plus rien de breton, et est parfaitement intégrée à la culture antillaise.

Vue du Chameau, Terre-de-Haut

Vue du Chameau, Terre-de-Haut

Une longue histoire militaire

Malgré leur très faible taille, les îles des Saintes ont aussi occupé une place non-négligeable dans l’histoire, la topographie torturée de Terre-de-Haut procurant l’un des points de mouillage les plus sûrs des Antilles. C’est ainsi que de nombreuses garnisons militaires ont occupé l’île au fil des siècles.

La marine française avait d’abord pour vocation de chasser l’ennemi anglais de nos colonies ; il faut en effet savoir que les Antilles ont fait l’objet d’une lutte sans merci entre les pays colonisateurs européens : la Guadeloupe est ainsi passée plusieurs fois aux mains des Anglais alors que la Dominique est passée plusieurs fois entre les nôtres avant de revenir au Commonwealth…

La vue du gîte de l'Anse Figuier

La vue du gîte de l’Anse Figuier

Les Saintes sont rentrées dans l’histoire guerrière en avril 1782, alors que les forces françaises tentaient de profiter de la guerre d’indépendance américaine pour prendre la Jamaïque aux Anglais. Mal leur en a pris ; la tentative s’est soldée par une retraite dans l’archipel des Saintes où les anglais ont capturé la superbe Ville de Paris après que le comte de Grasse, a cours de munitions, eut fait charger les canons du vaisseau avec son argenterie. L’invasion de la Jamaïque ne devait donc pas avoir lieu.

Aujourd’hui, il reste un certain nombre de fortifications attestant de cette ancienne présence militaire, comme le fort Napoléon, le fort Joséphine ou le Chameau, chacune offrant un panorama imprenable sur l’archipel, pour le plus grand plaisir des randonneurs osant affronter le terrible soleil saintois.

Vue du Fort Napoléon, Terre-de-Haut

Vue du Fort Napoléon, Terre-de-Haut

Conclusion

Terre-de-Haut constitue ainsi un charmant lieu d’escapade pour quelques jours. En s’organisant un petit peu, on parvient à éviter les touristes journaliers et à profiter de l’île à ses heures les plus calmes. Et il faut tout de même reconnaître que l’importante activité touristique de l’île a permis l’ouverture d’un certain nombre de bonnes tables dans l’archipel, ce qui n’est pas le plus mauvais point…

Et pour ceux d’entre vous qui se sont enregistrés, une petite galerie photo a été créée pour l’occasion, vous pouvez y accéder via l’onglet “Galeries Photos” en haut à gauche (après vous être authentifiés bien sûr).

Le grand cachalot en Guadeloupe

Nageoire caudale, visible au moment où le cachalot sonde.

La fameuse nageoire caudale du cachalot.

Je renfile ce soir ma casquette de naturaliste du dimanche pour vous entretenir d’une espèce animale qui m’est chère, et que nous avons eu la surprise de découvrir dans nos eaux caribéennes: le Physeter macrocephalus, plus connu sous le nom de cachalot.

En effet alors que nous avions déjà croisé cet animal naviguant au large des côtes norvégiennes en 2008, puis que nous avions appris sa présence dans l’estuaire du Saint-Laurent en 2010 avant de croiser un triste cachalot échoué sur les plages islandaises l’été 2012 (âmes sensibles, s’abstenir de cliquer sur ce lien), nous en avions hâtivement déduit qu’il s’agissait d’un animal d’eaux froides, oubliant par là-même les longs chapitres d’Hermann Melville dédiés à la traque du grand cachalot blanc dans les eaux tropicales…

Souffle du cachalot

Le souffle du cachalot.

C’est donc plutôt dans l’idée d’observer des baleines à bosses et d’éventuelles baleines bleues que nous nous sommes rendus la semaine dernière au charmant musée Balen Ka Souflé de l’association Evasion Tropicale afin d’embarquer sur leur bateau d’observation. Mais bien que ces espèces migratrices soient présentes dans les eaux tropicales pendant l’hiver afin de se reproduire, ce sont bel et bien des cachalots que nous avons pu observer ce jour.

Pour tout savoir du cachalot je ne peux que vous renvoyer aux folkloriques lignes de Moby Dick dédiées à ce majestueux animal, même si je ne vous cacherai pas que vos connaissances souffriront d’un léger biais lié au romantisme de l’époque. Mais si vous n’avez pas envie de parcourir les quelques 750 pages de ce roman pourtant trépidant, voici un bref rappel de la situation. Le cachalot est un cétacé, ce qui signifie qu’il ne s’agit pas d’un poisson mais d’un mammifère marin. Les cétacés se répartissent en deux ordres : les mysticètes, plus connues sous le nom de “baleines à fanons”, et les odontocètes, plus communément appelés “baleines à dents”. Les plus connus des mysticètes sont la baleine bleue, la baleine à bosses et le rorqual commun et les plus connus des odontocètes sont le cachalot et l’orque épaulard.

Une femelle et un petit

Une femelle et un petit.

Mesurant plus de dix mètres pour les femelles et plus de quinze pour les mâles, le cachalot pèse près d’une quinzaine de tonnes, ce qui fait de lui le plus grand des odontocètes, et par conséquent l’un des plus grands mammifères vivant sur notre planète (des fois que des mammifères vivent ailleurs, je préfère préciser).

Notre fidèle lectrice Mélissa sera heureuse d’apprendre que la présence des cachalots dans la mer des Caraïbes dépend de leur sexe. En effet, les femelles et les mâles juvéniles vivent en groupes familiaux résident dans les eaux chaudes tout au long de l’année alors que les grands mâles partent chasser en solitaire dans les fertiles eaux froides de l’Atlantique Nord pendant l’été et ne reviennent dans les eaux tropicales que pour se reproduire l’hiver.

Une femelle sonde et le baleineau reste en surface

Une femelle sonde et le baleineau reste en surface.

Roi des superlatifs, le cachalot est aussi connu pour ses plongées dans les très grandes profondeurs, puisqu’il aime à naviguer entre 1000 et 2000 mètres, profondeur à laquelle il trouve le gibier adéquat à sa nutrition, notamment les fameux calamars géants. Puisqu’il s’agit d’un mammifère, il doit cependant remonter régulièrement à la surface pour respirer, environ toutes les 50 minutes, il y reste alors une dizaine de minutes pour reprendre son souffle, c’est à ce moment là que l’on peut l’observer. Une fois sa respiration prise, il replonge à une vitesse de 200 à 600 mètres par minute, ce que l’on appelle sonder. C’est précisément lorsque l’animal sonde qu’il bascule à la verticale et laisse voir sa nageoire caudale, pour le plus grand bonheur des photographes.

Souffle du cachalot

Souffle caractéristique du cachalot.

Longtemps chassé pour son ambre gris, son spermaceti et son ivoire, le cachalot est aujourd’hui une espèce vulnérable et protégée en conséquence. Elle demeure cependant observable en de nombreux points du globe, si tant est qu’il y a une profondeur suffisante. Et par chance, il y a précisément un tombant au large de Bouillante avec plus de 2000 mètres de profondeur, un site idéal pour l’observation.

Rostre et nageoire dorsale

Rostre et nageoire dorsale

Nous avons ainsi eu la chance d’observer plusieurs groupes familiaux, avec notamment des baleineaux en plein allaitement. Si l’on utilise le terme “groupe familial” au lieu de famille, c’est bien parce que les baleineaux ne sont pas élevés par leur mère, mais par n’importe quelle femelle du groupe. En effet, comme nous avons pu l’observer de nos propres yeux, un baleineau affamé restera en surface en attendant que les différentes femelles du groupe familial remontent respirer, il ira alors téter de l’une à l’autre jusqu’à être rassasié, puis plongera à quelques centaines de mètres de profondeurs, ne sachant pour sa part pas encore sonder adéquatement.

La femelle sonde et le baleineau reste en surface

La femelle sonde et le baleineau reste en surface

Mais ne vous méprenez pas, même si l’on parle de “baleineau“, la taille de l’animal laisse déjà pantois: il mesure 4 mètres à sa naissance et prendre plusieurs dizaines de kilos par jour. Pour vous faire une idée, vous pouvez d’ailleurs observer le rostre de quelques baleineaux sur les photos, cela vous donnera une idée du jeune animal.

Souffle du cachalot

Souffle.

Ainsi, même après plusieurs rencontres avec ces grands mammifères, aucune lassitude ne s’installe et je dirai même qu’au contraire la fascination et la magie se renforcent. La saison commence à toucher à sa fin pour l’observation des mysticètes en partance vers les mers du Nord mais nous espérons bien les retrouver dans nos eaux l’hiver prochain ! En attendant, ceux d’entre vous qui désirent voir certains des odontocètes résidant dans nos eaux savent où se rendre…

Mars en photos

Quelques photos prises pendant le séjour de Marion et Clémence.

Saut d'acomat

Saut d’Acomat

Saut de la lézarde

Saut de la lézarde

Les Saintes

Les Saintes

Les Saintes

Les Saintes

Fumerolle de la Soufrière

Fumerolle de la Soufrière

Porte d'enfert

Porte d’enfer

Pointe des chateaux

Pointe des châteaux

Rivière gros corde

Rivière Grosse Corde

Bois Jolan

Bois Jolan

La troisième chute du Carbet

La troisième chute du Carbet

La troisième chute du Carbet

Bien, il était temps que cet affreux scolopendre débarrasse notre “une” et cet article fera l’office de tong virtuelle pour le renvoyer dans les limbes dont il n’aurait jamais du sortir. Ce post donc, pour continuer la série dédiée au Grand Carbet (voir les posts ici et si vous avez manqué les épisodes précédents).

Nous sommes donc allés il y a une quinzaine de jours voir la fameuse troisième chute du Carbet qui s’élance dans les hauteurs de Capesterre-Belle-Eau. Bien que l’accès à la chute du Carbet soit vaguement interdit pour des raisons de sécurité, la petite marche d’une heure qui y mène est très populaire et nous y avons croisé nombre de touristes (le touriste hivernal étant facilement reconnaissable par sa pâleur inégalable et par son équipement démesuré pour une marche d’une heure). Mais si la marche ne présente pas de grandes difficultés, elle n’en demeure pas moins très boueuse (sans pour autant parvenir à égaler les marches qui mènent à la chute Moreau ou au saut de la Lézarde, sur lesquelles nous reviendrons une autre fois), ce qui en faisait râler plus d’un (et rire d’autres).

La troisième chute du Carbet

On était bien au pied…

En tout cas, qu’ils aient été découragés par ladite boue ou par les panneaux inquiétants qui annoncent un danger imminent à l’arrivée sur la chute, il nous a été bien agréable de découvrir le site totalement vierge de touristes !

... et même plus !

… et même plus !

C’est ainsi que nous avons pu découvrir en toute tranquillité cette superbe chute qui n’a rien à envier à ses deux grandes sœurs. Car si ses 20 mètres de hauteur ne la rendent pas aussi spectaculaire que les 115m et 110m que font respectivement les deux premières chutes, elle en garde tout le débit et se trouve ainsi être la plus puissante chute de Guadeloupe. Mais soyons honnête, les superlatifs nous importent peu, ce qui frappe surtout lorsque l’on arrive au pied de la troisième chute est la magnifique vasque qui lance un appel irrésistible à la baignade.

Et replouf !

Et replouf !

Cette troisième chute s’est donc avérée être une excellente surprise, même si nous ne doutons pas que nous avons eu de la chance de profiter du site pour nous seuls et que l’atmosphère doit être bien différente quand les hordes de touristes l’assaillent. Je vous laisse sur un petit panorama des lieux en vidéo (et comme nous avons changé d’appareil photo, la qualité s’en ressent un petit peu).

Scolopendra gigantea

Scolopendra gigantea vu de dessus

Scolopendra gigantea vu de dessus

L’un des plaisirs de la vie en Guadeloupe est indéniablement le contact avec une nature tropicale d’une très grande luxuriance. Et si la compagnie des geckos, grenouilles, sucriers et des colibris sur notre terrasse est plus que plaisante, il n’en est pas de même de certaines espèces moins sympathiques qui pénètrent jusque dans nos pénates.

C’est ainsi que ce matin au réveil nous avons fait la rencontre d’un charmant specimen de Scolopendra gigantea dans notre propre maison. Je pense que vous avez tous une assez bonne idée de ce qu’est un scolopendre, puisque l’on croise assez régulièrement ces myriapodes en métropole. Ceci étant, nous avons la chance en Guadeloupe d’avoir l’espèce gigantea dont le nom parle de lui-même…

Scolopendra gigantea vu de dessous

Scolopendra gigantea vu de dessous

Plus grande espèce de scolopendres au monde, le Scolopendra gigantea peut atteindre jusqu’à 40cm et vit principalement dans la région caraïbe, quelle chance ! Il s’agit d’une espèce carnivore et donc dotée de crochets particulièrement puissants et venimeux. Sa morsure est extrêmement douloureuse, dangereuse bien que non létale pour l’être humain. Cependant elle reste assez puissante pour tuer grenouilles, lézards et petits rongeurs

L'arme du crime

L’arme du crime

Pour notre part, nous avons eu la chance d’avoir à faire à un “petit” specimen d’une quinzaine de centimètres à peine. Néanmoins, même pour un enfant de chœur comme celui-ci, l’insecticide foudroyant, qui a pourtant déjà fait ses preuves sur bien des espèces d’arthropodes, est resté ici sans effet. Il ne m’a donc resté qu’à sortir l’arme fatale universelle: la tong. Cela dit, même en y allant avec entrain, il a fallu s’y prendre à plusieurs reprises pour immobiliser parfaitement la bête.

Alors, quand est-ce que l’on vous voit chez nous ?

Les deux premières chutes du Carbet

La première chute

La première chute du Carbet

Les chutes du Carbet sont probablement les plus célèbres chutes d’eau de la Guadeloupe aux côtés de la cascade aux écrevisses. Comme vous le disait Camille dans un précédent billet, elles se présentent sous la forme de trois sauts successifs le long de la rivière du Grand Carbet, au Sud de la côte au vent de la Basse-Terre.

Le Grand Carbet prend sa source dans le flanc Est de la Soufrière, à une altitude de 1400m, au cœur du Parc National de la Guadeloupe. La première chute du Carbet se situe 400m plus bas et mesure 115m de haut, c’est la plus haute des trois. La deuxième chute du Carbet se situe 300m plus bas et mesure 110m. Enfin, la troisième chute du Carbet, située à la lisière du Parc National à quelques 440m d’altitude, est bien plus modeste que ses deux aînées, avec seulement 20m de hauteur. Après ces trois sauts, le Grand Carbet se jette enfin dans la mer, légèrement au Sud de Capesterre-Belle-Eau.

La deuxième chute

Vue sur la deuxième chute du Carbet

La raison principale de la célébrité des chutes du Carbet est qu’il est possible d’observer les deux premières chutes depuis la mer, alors que toutes les autres cascades de l’île sont en général perdues dans la végétation tropicale. La légende veut d’ailleurs que lorsque Christophe Colomb débarqua en Guadeloupe en 1493, il le fit à Capesterre-Belle-Eau précisément du fait des chutes du Carbet visibles depuis la mer, lesquelles lui promettaient ainsi l’eau douce dont les marins avaient besoin. Il trouva près de l’embouchure de la rivière un village amérindien, organisé comme toujours autours de carbets (sorte de cabanes sans murs, constructions typiques de la région Caraïbe), ce qui donna le nom à cette rivière.

L’accès principal aux chutes du Carbet se fait par une petite route de montagne partant de Saint-Sauveur grimpant dans la végétation luxuriante de la Basse-Terre et le long de laquelle se trouvent de nombreux attraits touristiques sur lesquels je reviendrai une autre fois. La route amène jusqu’au parking du centre d’accueil du Parc National de la Guadeloupe, une construction en béton brut marquant bien l’époque de la fondation du Parc National, à savoir 1989.

Les deux premières chutes du Carbet

Les deux premières chutes du Carbet

Le centre d’accueil offre un panorama incroyable sur l’enchaînement des deux premières chutes du Carbet à l’Ouest et sur le Petit Cul-de-Sac marin à l’Est. A partir de ce centre démarrent plusieurs chemins de randonnée menant aux chutes du Carbet, aux chutes du Gallion ou à la Soufrière (je reviendrai plus tard sur ces autres sites).

Les deux premières chutes du Carbet

Les deux premières chutes du Carbet

La deuxième chute du Carbet se situe à quelques minutes à peine du centre d’accueil et le sentier qui y amène a été entièrement aménagé pour les personnes à mobilité réduite (courageuses). C’est donc une courte balade sans difficultés qui amène à la plus célèbre des trois chutes du Carbet. Malheureusement, un important glissement de terrain en 2009 a emporté la passerelle qui permettait de s’en approcher et un arrêté municipal interdit de s’aventurer sur les éboulis pour aller batifoler à ses pieds, il faut donc se contenter d’observer la cascade à distance (ou transgresser la loi, ce qui est bien sûr hors de question, vous me connaissez).

La deuxième chute

La deuxième chute du Carbet

Pour les plus courageux, il reste cependant possible d’attaquer l’ascension pour la première chute du Carbet, située quelques 400m plus haut. Si c’est un dénivelé raisonnable pour tout marcheur en montagne, il ne faut jamais sous-estimer la chaleur, l’humidité et la boue qui peuvent régner sur ces sentiers. Il ne s’agit donc pas d’une ascension facile, mais elle reste loin d’être insurmontable. Nous l’avons pour notre part faite au début du mois de novembre dernier (oui, j’ai pris un peu de retard dans mes posts…). Au passage, quelques guides mentionnent l’interdiction d’accéder à la première chute du Carbet depuis 2009, il n’en est rien, ou du moins l’interdiction a depuis été levée.

Vue depuis la première chute

Vue depuis la première chute du Carbet

Le sentier qui monte à la première chute est plus intéressant pour l’effort qu’il suscite que pour les paysages qu’il offre, puisqu’il s’agit pour l’essentiel d’un chemin de forêt, sans la moindre visibilité donc. Mais la végétation tropicale reste belle, alors ce n’est pas non plus désagréable. Cependant, après les deux petites heures d’ascension nécessaires pour accéder à la première chute, la récompense est de taille : la première chute tombe du haut de ses 115m, face à une superbe vue sur l’océan.

Seule petite déception : la vasque peu profonde dans laquelle tombent les eaux de la chute ne permet pas la baignade, contrairement à de nombreuses autres chutes d’eau ici. Mais bon, c’est aussi la seule cascade avec vue mer, alors on ne va pas se plaindre.

Camille, devant la première chute

Camille, devant la première chute

A partir de là, il est possible de continuer jusqu’à la Soufrière par le col de l’échelle et donc de rejoindre l’un des nombreux autres sentiers de randonnée qui amènent au volcan. Mais pour notre part, nous nous sommes contentés de reprendre la direction du parking, laissant les autres randonnées pour des sorties ultérieures.

De multiples randonnées

De multiples randonnées

Il nous reste maintenant à aller voir la troisième chute, mais il y a tellement de cascades superbes à observer en Basse-Terre, que nous n’avons pas encore pris le temps de faire celle-ci. A suivre donc !

La branche vivante

Une charmante créature

Une charmante créature

Si je reprends ma plume ce soir pour vous parler d’un sympathique habitant des environs. Situé dans le règne animal, embranchement des arthropodes, sous-embranchement des hexapodes, classe des insectes, sous-classe des pterygotes, infra-classe des néoptères, super-ordre des orthopteroides et de l’ordre des phasmatodes, j’ai nommé le phasme.

Si vous ne connaissez pas encore cette charmante créature et que l’arborescence citée plus haut ne vous aide pas, n’en déplaise aux taxinomistes linnéens, je simplifierai et dirai qu’il s’agit d’un être vaguement vivant situé quelque part entre le bout de bois et l’insecte.

Je vois d’ici les biologistes pointer leur nez et me dire que « phasme » est tout de même un peu vague et qu’il y a des tas de sortes de phasmes. On compte en effet 3 taxons sous-ordinaux de phasmes se répartissant eux-mêmes en plusieurs familles et sous-familles, ce qui nous permet de dénombrer environ 20 catégories de phasmes. Continuant mon effort de simplification, je dirai simplement qu’il y a des phasmes plus ou moins moches et plus ou moins gros.

Mais, me direz-vous, s’il y a vingt types de phasmes différents et que l’on sait les distinguer, qu’est-ce alors qui les rapproche sous une même bannière linnéenne ? Leurs opinions politiques, peut-être ? Non, le phasme est un anarchiste individualiste. Alors peut-être une culture linguistique ? Encore non, ou alors à classer la carpe parmi les phasmes. Peut-être alors leur inaptitude à survivre dans le vide ou dans les grandes profondeurs ? Encore une fois non, nous ne sommes pas non plus des phasmes. Alors, je vais vous dire, ce qui caractérise le phasme est sa laideur.

Portrait de phasme

Portrait de phasme

Si le phasme est si repoussant (et j’ose le dire en toute objectivité scientifique), c’est par sa capacité à avoir trouvé une apparence qui relève à la fois du végétal et de l’animal. Le phasme, quel que soit son type, a en effet toujours l’apparence d’un élément végétal : brindille, feuillage, branche, etc… Transgressant les frontières usuelles du monde du vivant, le phasme est à la plante ce que La Mouche de Cronenberg ou La Métamorphose de Kafka est à l’être humain: une créature mutante, insaisissable, errant comme une âme en peine dans l’immensité phylogénétique.

De la pieuvre, Hugo écrivait : « Chose épouvantable, c’est mou », suscitant immédiatement le dégoût et la répulsion. Je ne sais quel mot il aurait eu pour le phasme mais quoi qu’il en soit, « épouvantable » lui sied à la perfection.

Mais alors pourquoi diable une créature aussi horrible ? Paye-t-elle elle aussi le prix d’un indicible péché originel en un paradis perdu ? Malheureusement, je crains que le darwinisme n’ait raison de toute poésie et que cette triste créature ne soit parvenue jusqu’à notre ère que grâce à l’incroyable camouflage que lui permet sa morphologie quasi-végétale. En effet, même face à un vivarium empli de phasmes dans un brin de végétation, il faut souvent de longs moments pour parvenir à repérer ces monstruosités.

En tout cas, ce qui est certain, c’est que ce ne sont pas ses capacités intellectuelles qui ont permis au phasme de traverser les éons. J’en veux pour preuve ce magnifique diaphéromide qui est venu se réfugier sur notre terrasse en se camouflant… sur un poteau en PVC blanc.

Einstein le phasme

Einstein le phasme

Alors, je veux bien qu’il faisait tout son possible pour ne pas se faire remarquer (surtout du chat) en se laissant légèrement balloter par la brise telle une branche morte. Si j’étais indulgent, je dirais même qu’il aurait pu s’agir d’une excroissance malencontreuse du poteau ou bien d’une branche d’arbre tombée sur une paroi verticale, mais il faut se rendre à l’évidence : Darwin a tort, le monde qui nous entoure est simplement dû à un hasard cynique qui laisse survivre des espèces définitivement sans espoir et qui fait s’éteindre les plus majestueuses !

Mais pour être tout à fait franc, je préfère trouver des phasmes sur ma terrasse que des tigres à dents de sabre. Alors finalement, cet inéluctable évolution n’est peut-être pas si terrible…

PS : Et si avec ça je n’obtiens pas mon doctorat d’entomologie, je ne sais plus quoi faire !

Les chutes du Carbet

Les chutes du Carbet sont dans le parc national de Guadeloupe. Les deux premières chutes font respectivement 115 et 110m de haut. La troisième est bien moins haute (20m) mais elle se jette dans un beau bassin. Greg reviendra plus longuement sur ces chutes lors d’un prochain post. Je vous mets quelques photos pour illustrer mes propos. La troisième chute fera l’objet d’une autre rando.

Bonne année 2013 !

Français et Françaises d’outre-mer et de métropole, Québecois, Québécoises, Belges, Espagnoles et Espagnoles, Suisses, Tchèques, Allemandes et Allemands, Algériennes et Algériens, Anglaises et Anglais, Grecques et Grecs, Polonaises et Polonais, États-uniennes et États-uniens (à en croire les statistiques du site, cela couvre à peu près l’ensemble des nationalités des lecteurs),

Nous vous souhaitons à tous une excellente année 2013 et vous communiquons tous nos vœux de bonheur et de succès pour cette nouvelle année qui commence.

Mais puisqu’au-delà des vœux il faut des actes, nous prenons l’engagement solennel de vous envoyer plus régulièrement (cela ne sera pas difficile) des clichés ensoleillés de notre île afin de vous réchauffer un petit peu.

Et pour ceux d’entre vous pour qui les photos ne suffiraient pas, nous rappelons que la Guadeloupe n’est pas si loin que cela de la métropole, et que vous y serez fort bien accueillis !

La trace des douaniers

Trou souffleur, Pointe Tortue

Trou souffleur, Pointe Tortue

En Guadeloupe, les sentiers de randonnée sont appelés des traces et la plupart d’entre elles portent des noms imagés hérités de la période coloniale, comme c’est d’ailleurs le cas de la majorité des communes locales (Morne-à-l’eau, Bouillante, Le Gosier, Les Abymes, etc…) . Si la majeure partie de ces traces arpente le massif de la Basse-Terre, on en trouve aussi un certain nombre en Grande-Terre, pour la plupart le long du littoral.

Porte d'Enfer

Porte d’Enfer

La trace des douaniers, ou trace des falaises, est ainsi un sentier de quelques kilomètres de long au Nord de l’île aux abords de la Pointe de la Grande Vigie. Si je n’ai malheureusement pas trouvé l’origine du nom trace des douaniers, celle de trace des falaises fait en revanche peu de doute. Le sentier longe en effet les majestueuses falaises calcaires du Nord de l’île.

Formations rocheuses au pied des falaises

Formations rocheuses au pied des falaises

Nous avions déjà voulu arpenter cette trace il y a de cela quelques semaines, mais comme ces falaises sont régulièrement battues par les vents, la végétation y est rase et l’ombre quasi-inexistante. Nous avons donc attendu que les chaleurs caniculaires de la fin d’été laissent place à la fraîcheur toute relative du mois de décembre pour retourner affronter cette trace.

Une eau qui invite à la méditation

Une eau qui invite à la méditation

Se situant à flans de falaises, la trace d’une durée de 3h aller-retour est relativement aisée, si tant est que l’on a de quoi se protéger des rayons ardents du soleil. Elle démarre à la Porte d’Enfer, un des sites les plus spectaculaires de l’île où un long bras de mer pénètre dans une profonde baie aux eaux turquoises, un fjord caribéen en somme. Elle continue ensuite vers l’Est, en direction du Moule.

Trou Madame Coco

Trou Madame Coco

Le charme de cette trace est dû aux impressionnantes falaises calcaires et aux nombreuses cavités percées dans les roches tourmentées, créant souvent des paysages irréels. Parmi les cavités les plus célèbres, on compte le Trou Madame Coco, pas tout à fait aussi impressionnant que son nom manque de sérieux, puis le fameux Trou du Souffleur, qui est considéré comme l’objectif de cette trace pour la plupart des randonneurs.

Trou du Souffleur

Trou du Souffleur

Comme à peu près partout sur les rives francophones, un « trou du souffleur » est une étroite cavité d’une falaise côtière dans laquelle la houle s’engouffre et crée de longs panaches d’eau vaporisée. Pour être tout à fait précis, le trou du souffleur guadeloupéen est plutôt un très large trou cylindrique dû à l’effondrement de la voûte d’une grotte marine d’une dizaine de mètres de haut, et l’on n’y observe malheureusement que peu d’action.

Pointe Tortue

Pointe Tortue

Cependant, à quelques centaines de mètres de là se trouve la Pointe Tortue ou Pointe du Souffleur où il est possible de trouver d’authentiques trous soufflards d’où s’échappent de superbes panaches d’écume.

Souffleurs, Pointe Tortue

Souffleurs, Pointe Tortue

Puisque nous avions la chance d’être là un jour de houle de Nord-Est, nous avons pu profiter du superbe spectacle que propose cette pointe dans d’excellentes conditions; les puissants panaches s’enchaînant sans cesse d’un côte ou de l’autre de la pointe.

Pointe Tortue

Pointe Tortue

En outre, il est parfaitement possible de descendre sur la pointe pour déambuler sur d’hostiles lapiaz torturés par les vents et le sel et se laisser transporter par le concerts d’impressionnants souffles marins. Ces instants passés sur cette pointe au milieu des embruns nous ont semblé totalement hors du temps. Une nature brutale et envoûtante qui contraste avec l’habituelle tranquillité de l’île.

La trace des douaniers est donc un sentier que nous ne saurions que trop conseiller, à condition toutefois que la houle soit suffisante et bien orientée et de pousser jusqu’à la Pointe Tortue, sans quoi il pourra paraître un peu frustrant de marcher si longtemps sous ce soleil de plomb.