De la Nouvelle-France à la Nouvelle-Angleterre

Désormais véhiculés, nous avons pu profiter de l’un des rares grands week-ends (ou plutôt de l’une des rares fins de semaine) de Camille pour passer la frontière et aller visiter, de vendredi à dimanche, l’étonnante ville de Boston, Massachussets.

La route à l’aller

Boston est la grande ville américaine la plus proche de Sherbrooke. Elle se situe à 400km d’autoroute. En temps normal, cela prend donc 4h d’aller à Boston depuis chez nous. Seulement, c’était sans compter sur deux choses.

  1. Le passage de la frontière américaine
    Pour accéder aux USA, on s’en doutait, il faut tout de même faire un certain nombre de formalités, plutôt intrusives. Après avoir laissé nos empreintes digitales et notre joli minois dans leurs fichiers, c’est surtout un nombre impressionnant de papiers archaïques remplis à la main qui prennent du temps. Cela dit, l’absurdité de la situation a été compensée par l’étonnante sympathie des douaniers américains, ces derniers ayant notamment apprécié notre choix d’acheter une Chevrolet. Le bilan aura été de +45 minutes.
  2. La neige
    Si vous jetez un oeil ici, vous verrez que la route qui nous emmène de Sherbrooke à Boston passe à proximité de nombreuses montagnes. Le problème est que de ce côté de l’Atlantique, dans les montagnes et au mois de décembre, il ne neige pas qu’un peu. En plus, la zone étant pour le moins rurale, elle n’est pas forcément déneigée très vite, même s’il s’agit d’une Interstate. Ainsi, ma très assurée déclaration d’avant le départ « Bah, c’est de l’autoroute tout le long, même si il neige ce sera bien déneigé » , a très vite tourné à la surprise pleine d’espoir « Ah ? ils ne déneigent pas bien les autoroutes au Canada? Ca ira mieux aux Etats-Unis. » , puis à la lassitude déconfite « Ah ben non, ils ne déneigent pas non plus les autoroutes aux Etats-Unis« . La neige a disparu à peu près 50km avant l’arrivée à Boston. Bilan: +2h00.

Avec la pause repas (pas fameuse), on arrive à un total de plus de 7h pour rejoindre Boston

La ville

Heureusement, nous étions partis suffisamment tôt pour arriver pile au coucher du soleil et nous avons donc été très agréablement surpris par l’arrivée sur la ville. Nous avions pris un hôtel en plein centre ville, sur Copley Square dans le quartier de Back Bay, entièrement conçu par un designer, avec un bar lounge très à la mode au rez-de-chaussée, sympathique.

Vue de la chambre
Vue de la chambre

La première chose qui frappeà Boston, surtout quand on arrive d’une petite bourgade sans Histoire comme Sherbrooke, c’est la grandeur de l’agglomération (4,5 millions d’habitants), la richesse du centre-ville et la cohabitation d’anciennes bâtisses et de hauts gratte-ciels (on y trouve à la fois les plus vieilles institutions américaines et le plus haut  immeuble de la Nouvelle-Angleterre).

Ceci étant, les premières impressions se sont vite arrêtées là car le soleil s’est couché rapidement laissant la place au froid. En fait, Boston a été victime d’une vague de froid, qui s’est abattue vendredi, pour se terminer dimanche midi, soit exactement pendant notre séjour. La preuve en images:

Météo de Boston sur ces jours
Météo de Boston ces derniers jours

Officiellement, il n’a pas fait moins de -6°C mais avec le wind chill, la température estimée était entre -10°C et -15°C, ce qui commence à faire froid pour visiter une ville.

Nous nous sommes donc réfugiés dans l’une des meilleures tables de la ville, d’ailleurs primée dans le New York Times : L’Espalier. Nous sommes ensuite allés hiberner dans la chambre d’hôtel en attendant le lever du soleil. Chambre d’hôtel où, suite à une fausse manoeuvre de ma part, le chauffage a été coupé pour la nuit…

C’est donc frais et revigorés que nous avons attaqué samedi matin la visite de Boston. Je ne rentrerai pas dans les détails, il y a beaucoup de choses à en dire. En un mot, c’est un superbe condensé d’architecture bourgeoise du XIXème siècle avec un passé historique d’une densité rare en Amérique du Nord. On y voit donc tous les hauts lieux de la révolution américaine ainsi que de vieilles institutions datant quelques fois du XVIIIème siècle. Ca n’a pas peut-être pas l’air de grand chose vu d’Europe mais ici, on se trouve vraiment au commencement de l’histoire américaine. C’est un peu l’Acropole nord-américaine finalement.

A cette Histoire s’intègre avec goût de grands buildings effilés, suffisamment austères et peu nombreux pour ne pas donner une sensation d’étouffement ou de grandiloquence. L’architecture de la ville est très bien équilibrée.

Certains quartiers, comme le Financial District, ont été entièrement rebâtis.

Skyscrapers
Skyscrapers
Skyscrapers II
Skyscrapers II

D’autres, comme Beacon Hill, sont restés parfaitement inchangés au fil de l’histoire.

Les vieilles maisons bourgeoises de Beacon Hill
Les vieilles maisons bourgeoises de Beacon Hill

La State House du Massachussets
La State House du Massachussets

Enfin certains, comme Back Bay, présentent un mélange savant entre architecture historique et contemporaine.

Copley Square, Back Bay
Copley Square, Back Bay

Dans tous ces quartiers viennent se greffer de nombreux jardins, places et espaces aérés très vivants malgré le froid. Ca rend la ville réellement humaine.

Paré pour le froid
Paré pour le froid
Lac (gelé) de centre-ville
Lac (gelé) de centre-ville
Volailles en mal d'eau non-gelée
Volailles en mal d'eau non-gelée
Patinoire en plein air
Patinoire en plein air
Camille se réchauffant au soleil
Camille se réchauffant au soleil

Bien sûr, Boston est aussi une ville côtière. Un tiers de sa superficie a d’ailleurs été prise sur les eaux, que ce soient celles de la Mystic River, de la Charles River ou simplement de l’océan Atlantique. Nous n’avons pas eu le temps de profiter du quartier du port, mais nous avons tout de même vu l’océan.

En zoomant bien, on peut peut-être vous voir...
Vous êtes quelque part par là...

Enfin, Noël approchant, la ville était parsemée de décorations de Noël. Là, il faut bien avouer que les américains, du moins les riches bostoniens, ont beaucoup plus de goût que nous voisins Sherbrookois pour décorer leurs devantures (bientôt un post sur les décorations de Noël de Sherbrooke, ce n’est pas triste). Exit donc les pères Noël en plastique et les sucres d’orge géants, ici seules quelques guirlandes végétales, quelques rubans rouges et de sobres guirlandes lumineuses ornent les rues avec goût.

Commonwealth Avenue, Back Bay
Commonwealth Avenue, Back Bay

Malheureusement, le week-end est passé à toute vitesse. En effet, le dimanche, nous avons préféré partir tôt, en prévision de la terrible…

…route du retour

Nous sommes partis de Boston à 11h du matin, sous le grand soleil, pas un nuage en perspective, mais peu optimistes. 50 km plus loin, les cieux ont commencé à se couvrir. Nous avons fait une halte pour manger dans un superbe (et bon) petit restaurant américain au bord du lac Squam à Holderness.

Une bonne petite table
Une bonne petite table

La neige a commencé à tomber pendant le repas mais faiblement. Nous avons donc repris la route relativement confiants mais  cela n’a pas empêché les 250km restants de se faire sous des quantités de neige. Il y avait parfois jusqu’à 10cm sur les voies, alors qu’il s’agissait encore une fois des fameuses interstate. Au final, nous avons mis 7h30 pour le retour, alors que le passage de la douane canadienne a occupé à peu près deux minutes

La vidéo suivante, tournée par Camille pour tenter de tuer l’ennui, donne une petite idée des conditions de circulation (avant que la nuit ne vienne se rajouter aux festivités).

Conclusion

Boston est une ville superbe qui mérite que l’on s’y attarde plus longuement. On y retournera…après l’hiver.

On postera plus de photos dans la galerie une fois qu’elles auront été mieux sélectionnées et traitées.

Pour finir, voici une vidéo reposante, tournée dans l’aquarium de Boston où nous nous sommes réfugiés quelques heures à la tombée de la nuit samedi soir:

2 thoughts on “De la Nouvelle-France à la Nouvelle-Angleterre

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