Des baleines à Tadoussac

L’estuaire du Saint-Laurent

Le Saint-Laurent prend sa source dans le lac Ontario puis parcourt quelques milliers de kilomètres pour devenir le plus grand estuaire du monde au niveau de la Gaspésie. Dès la ville de Trois Rivières, pourtant à près d’un millier de kilomètres à l’Ouest de l’Atlantique, le fleuve est déjà soumis aux marées et les eaux douces et salées commencent à se mélanger. Au niveau de Tadoussac, le Saint-Laurent est rejoint par la rivière Saguenay qui taille, depuis le lac Saint-Jean, le fjord le plus méridional du monde. A cet endroit, l’estuaire atteint 340 mètres de profondeur permettant aux plus grands mammifères marins de venir se nourrir l’été dans ces eaux fertiles où se mélangent poissons d’eau douce et d’eau salée.

Le fjord du Saguenay
Le fjord du Saguenay

Tadoussac

Au XIXème siècle, alors que la Canada appartenait encore à la couronne anglaise et que l’estuaire du Saint-Laurent était une zone sauvage où l’on ne croisait guère que quelques pécheurs, Tadoussac était déjà un lieu de villégiature et ce en dépit de son éloignement. Le tourisme qui s’y pratiquait alors était un tourisme de luxe. En effet,  Tadoussac était une ville d’étape des fameux bateaux blancs, de luxueux bateaux de croisière naviguant sur le Saint-Laurent depuis Québec et Montréal. La ville de Tadoussac a été choisie pour la beauté de sa situation mais aussi pour la possibilité d’y observer des mammifères marins. De nos jours, les fameux bateaux blancs se sont arrêtés mais Tadoussac a conservé son son bel hôtel d’époque et a su développer l’activité touristique pour devenir un lieux d’observation privilégié des mammifères marins.

L'hôtel Tadoussac
L'hôtel Tadoussac

L’observation des mammifères marins

Il y a essentiellement quatre possibilités pour aller observer les baleines depuis Tadoussac :

  1. Le bateau d’observation : classique, tout confort, il offre une vue en élévation et un système de sonorisation diffuse de très nombreuses informations. Cependant, la capacité impressionnante de ces bateaux, jusqu’à 500 passagers pour certains, peut laisser présager des sorties bien peu paisibles en pleine saison.

    Quelque part dessus il y a mes parents
    Quelque part dessus il y a mes parents
  2. Le Zodiac : Très à la mode, le Zodiac est plus réactif et discret que les bateaux d’observation, il permet donc de se placer au plus proche des baleines, tout en respectant la distance minimale légale. En outre, le fait d’être au ras de l’eau augmente encore la sensation de proximité. Cependant, il faut faire une croix sur le confort : point de chauffage pendant plusieurs heures et sachant que l’eau du Saint-Laurent est à 4°C à ce niveau de l’estuaire, ça peut jouer…

    Quelque part dessus il y a nous
    Quelque part dessus il y a nous
  3. Le bord : Les baleines abondent tellement dans l’estuaire du Saint-Laurent qu’il n’est pas forcément nécessaire de prendre un bateau pour aller les observer, il suffit souvent de simplement se rendre au bord de l’eau et de s’armer d’un peu de patience. On peut se promener un peu au hasard, si possible en face de grands fonds, mais il existe aussi des lieux d’observation privilégiés comme le Cap Bon-Désir, où des agents des parcs nationaux canadiens vous attendent avec jumelles et plaquettes explicatives. C’est bien moins coûteux que les expéditions en bateaux et, même si il manque la proximité avec les animaux, c’est déjà très spectaculaire.

    Les berges à Tadoussac
    Les berges à Tadoussac
  4. Le traversier : Enfin, pour les blasés des baleines, qui ne voient dans le Saint-Laurent qu’un obstacle à franchir pour emmener leur voiture sur l’autre rive, le ferry, ici appelé traversier, reste une option intéressante pour observer des mammifères marins. Bien sûr, il ne prend pas le temps de décélérer pour observer les nombreuses baleines alentours mais il permet tout de même d’allier l’utile à l’agréable pour un coût minime. Pour notre part, ce fut la seule occasion d’observer les bélugas que nous avions manqués pendant l’expédition en Zodiac.

    La vue du ferry...
    Du ferry... Et si, c'est un fleuve que l'on traverse !

Les différentes espèces de baleines observables

N’ayant pas les connaissances requises pour être précis et n’étant pas persuadé que cela vous passionne, je vais être assez bref quant aux différentes espèces de baleines que l’on peut observer dans l’estuaire. Si vous voulez plus de détails sur les baleines, je vous conseille vivement la lecture de Moby Dick qui contient son lot de chapitres dédiés à une analyse détaillée et pour le moins folklorique des baleines  telles qu’elles étaient connues au milieu du XIXème siècle.

Ceci étant, on peut observer les espèces suivantes :

Le petit rorqual : l’espèce la plus présente dans l’estuaire au moment où nous y étions. Elle fait de 7 à 9 mètres de long et pèse de 6 à 8 tonnes. Elle se reconnaît surtout à son dos très courbé quand elle s’apprête à plonger.

Petit rorqual
Petit rorqual

Petit Rorqual
Petit Rorqual

Le rorqual commun : très courant aussi dans l’estuaire à cette période,  il s’agit du deuxième plus gros mammifère vivant sur notre planète bleue, pas si commun que ça donc… Il fait plus de 20 mètres de long et pèse de 40 à 80 tonnes. Il se reconnaît notamment à son souffle vertical très puissant.

Le souffle du rorqual commun
Le souffle du rorqual commun
Duo de rorquals communs
Duo de rorquals communs
Rorqual commun
Rorqual commun
Rorqual commun
Rorqual commun
Rorqual commun et son souffle
Rorqual commun en train de respirer
Souffle
Souffle
Souffle
Souffle

Rorqual commun
Rorqual commun
Rorqual commun
Rorqual commun
Une idée (surexposée) de la proximité en Zodiac
Une idée (surexposée) de la proximité en Zodiac

Les bélugas : Le béluga ne migre pas, il habite toute l’année dans l’estuaire du Saint-Laurent. C’est une espèce particulièrement protégée, on ne peut ainsi pas l’approcher à moins de 400m et elle est donc très difficile à observer. On repère cependant les belugas de très loin car ils se déplacent en groupes et sont d’un blanc laiteux qui tranche avec le reste du paysage. Le béluga fait de 4 à 6 mètres et pèse une petite tonne.

Les marsouins communs : aussi très abondants quand nous y étions, il s’agit de petites baleines, à peine plus grosses que des dauphins, elle font autour de 2 mètres et pèsent moins de 100kg.

Des baleines à bosses : une baleine à bosse qui avait été repérée dans l’estuaire alors que nous y étions mais nous n’avons pas réussi à la croiser. C’est une espèce fameuse pour ses acrobaties lors de la période de reproduction qui a lieu l’hiver dans les Caraïbes. Contrairement à toutes les espèces précédemment citées, la baleine à bosse soulève sa queue avant de plonger, pour le plus grand plaisir des observateurs.

Des baleines bleues : le plus grand mammifère de notre planète vient aussi régulièrement dans l’estuaire. Il arrive cependant plus tard dans l’été, nous n’avons donc pas eu la chance de le croiser. Si je ne m’abuse, c’est aussi une espèce qui montre sa queue en plongeant. Elle fait jusqu’à 30 mètres et pèse plus de 100 tonnes.

Des cachalots : il arrive aussi que des cachalots se rendent dans l’estuaire mais c’est plus rare. Il n’y en avait pas au moment où nous sommes rendus sur le fleuve mais nous avions cependant déjà eu l’occasion d’en observer lors de notre voyage en Norvège. Le cachalot se reconnait par son jet puissant, analogue à celui du rorqual commun, à la seule différence qu’il a un angle de 45° avec la surface de l’eau. Faisant jusqu’à 15 mètres, il pèse plus de 30 tonnes et souffre d’une macrocéphalie particulière à propos de laquelle Herman Melville à une théorie tout à fait singulière (Moby Dick, chapitre LXXIV).

Par contre, je n’ai jamais ouï dire qu’un grand cachalot blanc avait été observé dans l’estuaire… Peut-être la prochaine fois ?

15 comments

  1. CE SiiTTE iNTERNEET NEST VRAiiMEEENT PAS UN BON SiiTE iNTERNET JE NE LERECOMMENDE A PERSONNE PRCE QUE iL NE DiiSE PAS POURQUOii LES BALEiiNE SONT Si TELLE NOMBREUSE CEST VRAiiMENT CON PARCE QUE LA JENSUIS A LÉCOLEPOUR UN RECHERCHER DANS MON COUR DE GÉO ET IL NE MANQUE JUSTE UNE QUESTION ET CEST CELLELA CEII DONC LA RAISONS DE MA PLEINTE PARCE QUE CE SITE SEST VRAIMMEBNT CAVE …. TAAAABBBBAAARNNAAAK

    1. Merci Melissa pour ton commentaire constructif et bien rédigé. Et puisque tu le demandes si gentiment, je vais répondre à ta question. Les baleines viennent d’abord à Tadoussac parce que c’est très joli. Ensuite, elles viennent aussi parce qu’il y a beaucoup de phoques et qu’elles aiment bien manger des phoques les baleines. Et puis aussi, elles sont trop chassées au Japon alors elle se cachent à Tadoussac, qui est tellement loin du Japon que les Japonais ne les ont encore jamais trouvées.

      Et si avec ces réponses tu ne fais pas un bon exposé, il faudra peut-être penser à poser des questions polies autour de toi la prochaine fois.

    2. Mélissa, n’écoute surtout pas Greg ! Comme tous ces maudits colons de français, sa condescendance déplacée lui fait croire qu’il peut raconter n’importe quoi, mais il n’abuse personne, et certainement pas ton esprit critique aiguisé qui n’a pas manqué de remarquer qu’il manquait dans son article le traitement de la problématique essentielle. Ta question est donc tout à fait judicieuse, et je comprends ton désarroi, exprimé avec expertise et justesse dans ton commentaire.

      Alors voici la réponse, écoute bien: si les baleines viennent en nombre à Tadoussac c’est car les eaux y sont délicieusement parfumées à l’érable, grâce aux nombreuses cabanes à sucre des environs. Et cela présente deux intérêts majeurs: cela amuse les bébés baleine mais surtout cela crée un climat propice à la reproduction. En effet, les femelles baleines raffolent de cette ambiance aux effluves de sirop d’érable qui les place dans un état d’esprit propice…

      Rien à voir donc avec les japonais… enfin si mais de très loin: les japonais savent parfaitement où se situe Tadoussac, n’en déplaise à Greg, mais les Sushi à la Baleine à l’érable, ce n’est juste pas bon. Même en Maki, ça ne passe pas.

      1. Je vois qu’il y a un débat d’experts ès baleinologie, mais c’est aussi ça la science. Il va falloir que nous organisions un colloque sur le sujet cher collègue afin de trouver un consensus sur la question. Peut-être pourrions-nous aussi y inviter Melissa afin qu’elle puisse trouver sa réponse, non ?

  2. Mélissa, n’écoute surout pas les deux autres zigotos, ils ne cherchent qu’à t’induire en erreur.

    Pour comprendre pourquoi les baleines sont si nombreuses à Tadoussac, l, faut d’abord en rappeler les origines. Les baleines sont des dauphins mutants. Or, comme tout mutant qui se respecte, elles ont comme but de conquérir le monde.

    Les Japonais, qui ont l’habitude des animaux mutants depuis Godzilla, l’ont bien compris, et c’est pourquoi ils les pourchassent inlassablement. Car tout animal mutant à droit à sa Némésis, et pour les baleines, il s’agît des Japonais.

    Mais les mutants qui veulent conquérir le monde, ont, et c’est bien connu aussi, toujours une base secrète. Il se trouve que celle des baleines est à Tadoussac. Pourquoi ? Certains te diront que c’est parce que le climat y est agréable et que les autochtones sont accueillant. C’est possible. Mais la vraie raison est qu’il y a ainsi de la terre infranchissable par définition et par bateau par les Japonais chasseurs de baleines sur des baleiniers (qui sont des bateaux équipés pour la chasse à la baleine, donc au dauphin mutant). Ainsi, en établissant leur base secrète à Tadoussac, les Baleines (donc, des dauphins mutants conquistadors globaux), évitent les attaques surprises, qui pourraient être une entrave à leur machiavélique projet. CQFD.

  3. Très chers confrères,

    j’attends toujours que Greg avance une date pour notre colloque… pourquoi ne pas le faire cette semaine ?

    Les questions « SONT Si TELLE NOMBREUSE CEST VRAiiMENT CON », il convient de les trancher une bonne fois pour toutes !

    TAAAABBBBAAARNNAAAK !

    (« SEST VRAIMMEBNT CAVE » ? Bof, mais je m’en occuperai… de la cave…)

  4. Cher collègue,

    Sachez qu’une réunion au sommet est effectivement prévue cette fin de semaine dans mon laboratoire du Nord de Paris. J’ai contacté l’IHES mais ils ne peuvent malheureusement pas couvrir les frais de Mélissa (Ph.D.) car celle-ci n’est pas habilitée secret-défense, ce qui ne lui permet donc pas d’en savoir plus sur les baleines.

    Cependant le professeur Tibo sera présent et il nous sera possible de trancher une fois pour toutes ces questions essentielles. Nous enverrons bien sûr les résultats publics publiés dans les actes du colloque à Mélissa (Ph.D.).

    TAAAABBBBAAARNNAAAK

    1. Mes très chers confrères !

      C’est un jour heureux ! Très heureux dirais-je même ! Après des années de disette, à travailler dur sur un sujet ingrat au possible, « POURQUOii LES BALEiiNE SONT Si TELLE NOMBREUSE CEST VRAiiMENT CON » (rappelons le, au besoin), un colloque organisé cet été, des résultats publiés, de nombreuses hypothèses avancées, puis tranchées… le mépris initial de Mélissa (Ph.D.), à peine voilé, est toujours aussi dur à porter (« CE SITE SEST VRAIMMEBNT CAVE … TAAAABBBBAAARNNAAAK »).

      Mais aujourd’hui est un jour sensationnel puisqu’enfin, au bout de 686 jours exactement, nous récoltons le fruit de notre travail ! Notre première admiratrice ! Hahaha ! Voilà qui requinque et qui encourage à poursuivre 🙂

      Oserais-je espérer que Mélissa révisasse son jugement quant à ses pairs, et accepte l’invitation que nous lui adresserons pour notre prochain colloque, dont le sujet est déjà arrêté: « LÉCOLEPOUR UN RECHERCHER DANS MON COUR »

      Bises à toi Julie 😉

  5. Décidémment je ne m’attendais pas à tomber sur un échange si rafraichissant en ce matin de boulot à Québec. J’avoue avoir éprouvé un certain malaise en lisant le post de Mélissa. Est-ce un vrai post ou une supercherie? Peu importe j’admire la manière dont vous avez su récupérer le tout et l’humour dont vous faites preuve.

    En terminant sachez que toutes nos adolescentes ne s’expriment pas comme si elles avaient une partie du cerveau atrophié.

    Bonne journée à vous!

    1. Merci Martine pour ce commentaire. Et ne vous en faites pas, nous ne tirons aucune généralité de la réaction de Dr M., il y a de toute façon les mêmes adolescentes de l’autre côté de l’Atlantique 😉

  6. Bonjour, je suis tombé par hasard sur votre page, je serais le 10 mai à tadoussac
    savez-vous si c est une périoode propice pour aller voir des baleines et s il y a des compagnies qui propose des excursions aussi tôt dans l’année?
    merci pour votre retour

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