Thunder Bay

Neige
Thunder Bay

Si le nom de Thunder Bay évoque de prime abord une large baie tropicale battue par de violents grains venus de l’océan, c’est parce qu’on en a trop peu entendu parler en Europe pour vraiment savoir où ça se trouve. Car si Thunder Bay est un endroit où la nature se déchaîne, ce ne sont pas les orages éponymes qui sont les plus impressionnants mais bien plus le froid terrible qui y règne pendant l’hiver.

Into the wild
Into the wild ?

Thunder Bay se trouve en Ontario, sur la rive Nord-Ouest du lac supérieur. Dans ces régions centrales du Nord de l’Amérique le climat est particulièrement rude l’hiver, les températures descendent régulièrement en-dessous de -30°C et les vents qui battent les grands lacs ne font qu’accentuer la sensation de froid. Mais ceci n’a pas empêché les grandes compagnies commerciales qu’étaient la compagnie du Nord-Ouest et la compagnie de la Baie d’Hudson d’installer au début du XIXème siècle deux forts pour le commerce de la fourrure. Deux forts qui donneront naissance à la ville de Thunder Bay qui compte aujourd’hui 100 000 habitants et qui doit en grande partie son développement économique à l’industrie minière qui tire profit d’un sous-sol aussi fertile que la surface est hostile.

Ambiance hivernale
Ambiance hivernale

Le froid terrible régnant sur la ville de Thunder Bay fait qu’il n’est pas vraiment possible d’imaginer vivre à pied. Mais contrairement à Montréal, la population n’est pas non plus assez nombreuse pour que se soit développée une ville souterraine. Il en résulte donc une ville entièrement organisée autour du déplacement automobile et s’étendant sur de telles distances qu’il n’est pas même imaginable de les parcourir à pied, du moins l’hiver.

Hiver toujours
Hiver

Le travail m’avait amené trois jours là-bas la semaine dernière et il se trouve que, justement, une vague de froid s’abattait sur la ville à ce moment là.  Etant venu en avion, je ne disposais pas de voiture et autant dire que les possibilités de sortie ont été minces. Je me serai donc contenté d’une rapide sortie en centre-ville dont je n’ai pas ramené de photos puisqu’il m’a fallu choisir entre conserver mes doigts ou ramener un cliché très insipide d’une ville somme toute quelconque. Et puis j’aurai aussi pris mon courage à deux mains (gantées) pour aller faire une balade dans les environs de l’hôtel, c’est à dire autour de l’aéroport. Pas tant pour admirer le paysage, pourtant déjà assez remarquable de par son aspect glacial, que pour la prouesse de faire une heure de marche par -35°C…

Coucher de soleil polaire
Coucher de soleil polaire

La température la plus basse observée pendant ce séjour aura été de -37°C, ce qui constitue un record personnel. A ces températures, nous nous sommes d’ailleurs essayés à un jeu amusant qui consiste à « créer de la neige » à partir d’eau bouillante, la vidéo ci-dessous permet de se faire une idée :



Ah et puis peut-être que certains d’entre vous se souviendront du post de l’an dernier où je mentionnais la glace qui se formait  sur les fenêtres à l’intérieur de notre appartement. Et bien le record est aussi battu avec cette fenêtre de la salle de piscine de l’hôtel à Thunder Bay :

Condensation + froid extérieur = glace
Condensation + froid extérieur = glace

Ainsi, à moins que vous ne traversiez le Canada d’Est en Ouest, je ne saurais vous conseiller de faire une halte à Thunder Bay pour le tourisme. Mais si vous n’êtes pas habitué au grand froid et que le travail vous y amène, ce serait dommage de se priver d’une telle expérience !

Qui parle de fermer l'aéroport quand il neige ?
Qui parle de fermer l'aéroport quand il neige ?

5 thoughts on “Thunder Bay

  1. ça donne froid rien qu’à regarder ! J’aime bien le coucher de soleil polaire ! Quant à la fabrication de neige, ça laisse rêveur, même si l’entreprise est manifestement superflue !

  2. Oui objectivement, même sans avoir fait d’étude de marché, je ne crois pas qu’installer une entreprise de neige artificielle à Thunder Bay soit voué à un très grand avenir…

  3. Moi aussi je trouve saisissante l’impression de froid sur les photos, il y a quelque chose qui transparait, un phénomène optique, je sais pas… Mais il fait froid sur la photo, c’est indéniable !

    Quant à l’aéroport… au lieu de vouloir exporter notre « savoir-faire » dans certaines régions chaudes (et qui chauffent) du globe, on pourrait peut être importer le savoir-faire des régions froides d’outre atlantique…

  4. Oui, quand il fait vraiment froid, il y a quelque chose de particulier dans l’air, je pense que ça vient de l’absence totale d’humidité. Mais en tout cas je n’ai « refroidi » les couleurs d’aucune manière, c’est bien la lumière qui régnait.

    Quant aux aéroports, même si je suis profondément d’accord avec toi, disons que les fréquences de chute de neige ne sont pas les mêmes ici et en France et que la problématique est donc bien différente. Ainsi en France on a pris le parti de l’économie, quitte à perdre un jour ou deux de productivité par an (mais ça se rattrape en sucrant des jours fériés, ça n’est pas un problème :)) alors qu’ici, cette attitude mettrait l’économie à terre six mois par an…

    Et puis il ne faut pas se leurrer non plus, il y a régulièrement des avions qui ne décollent pas même ici, mais le réseau est moins engorgé donc ça a un effet moins catastrophique.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *