Aurelia Aurita

Aurelia Aurita

Malheureusement, derrière ce doux nom ne se cache pas la belle naïade antillaise que vous pourriez espérer mais plutôt une visqueuse créature dont nous préférons tous éviter le contact. En effet, même la tentative poétique des biologistes marins ne parviendra pas à estomper l’irritation que procure la rencontre avec cet animal, autrement connu sous le nom de méduse commune.

La méduse commune affectionne particulièrement les eaux chaudes. Et puisque pendant l’été il n’est pas rare de voir la température des eaux avoisiner les 30°C sur les côtes caribéennes, il est assez peu surprenant d’y voir ces méduses proliférer. En général,elles sont uniquement là pendant l’été, puis nous quittent au mois de septembre. Mais les conditions climatiques exceptionnelles de cette année nous valent le plaisir de cohabiter avec elles encore quelques semaines…

Comme toute espèce vivante (même si j’émets personnellement des doutes sur certaines que je ne citerai pas), la méduse joue un rôle non-négligeable dans l’écosystème. Ceci étant, à en croire les spécialistes, son principal rôle serait d’être mangée par d’autres espèces vivantes (parmi lesquelles on trouve les êtres humains, du moins en Asie).

Au-delà de ce magnanime rôle qui consiste à servir de nourriture aux autres, ce bout de gélatine convulsant sous l’impulsion de quelque décharge électrique incontrôlée sert surtout à importuner le baigneur.

Certes, pour ceux d’entre vous qui ont la chance de ne jamais avoir rencontré de méduse au cours de leur vie, il peut apparaître surprenant qu’une vile méduse barbotant au plus bas de l’échelle de l’évolution puisse importuner une espèce aquatique aussi noble et respectable que le baigneur. Et pourtant, la nature est ainsi faite qu’alors que le baigneur doit dépenser des dizaines d’euros pour s’équiper d’un piètre harpon pour chasser du menu fretin, la méduse, elle, est naturellement dotée de milliers de petits harpons placés dans des cellules urticantes. Et puisque cette dernière n’a aucun respect de la préséance en milieu aquatique, elle n’hésite pas à agresser l’innocent baigneur qui passait par là.

Je tiens à préciser que cette stratégie a pour seule conséquence d’attirer les foudres d’un baigneur qui sans cela n’aurait jamais prêté attention à un être que l’on pourrait tout juste qualifier de pluricellulaire. En conséquence, ce stratagème initialement « pensé » comme défensif se retourne contre l’Aurélie elle-même puisque nombre de pêcheurs la pourchassent maintenant dans le but pur et simple de l’exterminer. Juste vengeance !

Dans un espoir de paix, je lance donc ici un appel solennel à toutes les méduses qui flottent dans les eaux guadeloupéennes afin qu’elles déposent les armes ou, plus modestement, qu’elles quittent les eaux guadeloupéennes pour les eaux chaudes probablement tout aussi sympathiques des îles voisines où je ne me baigne pas et où elles ne me dérangeront donc plus.

NB : Si jamais vous êtes vous-même victime de l’attaque sournoise de cette perfide créature, sachez que la meilleure manière de se débarrasser desdits harpons est de se frotter les piqûres au sable. Cela peut surprendre mais la méthode, utilisée par des générations de guadeloupéens, a été testée et validée dans nos laboratoires.

6 thoughts on “Aurelia Aurita

  1. Ce délicieux pamphlet serait-il l’oeuvre d’une nouvelle victime de ces chers cnidaires ?

    J’ai vu une fois qu’une autre méthode pour soulager la douleur des piqûres serait l’urine. Mais c’était dans un épisode de la série Friends, donc je ne saurais vous la conseiller. 🙂

    1. Je suis pour ma part sorti relativement indemne, mais il n’en a pas été de même pour Camille 🙂

      Quant à ce qui est de l’urine, c’est une méthode qui est parfois mentionnée ici mais elle est réputée moins efficace que le sable. Et de toute façon, elle est socialement moins praticable 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *