Le Gosier

Troisième ville de Guadeloupe avec ses 27 000 habitants, le Gosier s’étend sur 42 km² à l’extrême ouest de la côte Sud de la Grande-Terre. Du fait de sa situation à la frontière entre les plages de Sainte-Anne et de l’activité économique de Pointe-à-Pitre et des Abymes, elle est aujourd’hui, avec Baie-Mahault, la commune privilégiée des métropolitains qui viennent s’installer en Guadeloupe. Nous n’échappons d’ailleurs pas à la règle puisque c’est là que nous avons élu domicile.

Le pélican grand Gosier

La ville tient son nom du pélican Grand Gosier, aussi appelé Pélican Brun, ou Pelecanus occidentalis pour les intimes. Cette espèce de pélican nichait apparemment en masse sur la côte gosiérienne il y a quelques siècles. Elle préfère aujourd’hui nicher sur les îles voisines mais il reste très courant de voir ces imposants palmipèdes planer au-dessus des côtes ou nager au large des rivages gosiériens les plus calmes.

Un peu d’histoire

La ville du Gosier a longtemps tenu un rôle très mineur dans l’histoire économique de la Guadeloupe. En effet, malgré sa belle côte, la commune n’a guère été dotée par la nature que de marais et de « fonds » inondables et exigus, rien de très propice donc aux industries sucrière, caféière ou cotonnière qui ont fait la grandeur de l’île aux siècles passés. Ainsi, on ne dénombrait en 1818 que 191 habitations sur l’ensemble de la commune ; difficile à imaginer quand on sait qu’aujourd’hui la densité de population avoisine les 650 habitants au km²…

A cette absence d’activité économique historique s’opposait une très forte activité militaire à cet endroit de l’île dont le but était principalement de protéger la rivière salée. On y a ainsi trouvé plusieurs forts dont le fameux Fort Fleur d’Epée, encore visible de nos jours.

L’essor économique du Gosier a dû attendre l’apparition et le développement du tourisme balnéaire. Un des tous premiers hôtels-restaurants de l’île y a été est ouvert en 1934 mais il aura fallu attendre la seconde moitié du XXème siècle pour voir ce type tourisme réellement prendre son essor et permettre à la commune de se développer. Aujourd’hui, le Gosier est la principale commune balnéaire de l’île.

La topographie de la commune se modifia alors considérablement. La partie littorale du Gosier jusqu’ici délaissée du fait de forts risques d’inondation a été reconquise et réaménagée. Y sont nés des quartiers entièrement dédiés au tourisme balnéaire, comme Bas-du-Fort ou la Marina. C’est aussi à cette période que le bourg à proprement parler s’est vu migrer des hauteurs du Gosier vers la côte, ceci expliquant la prédominance de constructions des années 60 dans le centre-bourg.

Le Gosier aujourd’hui

Aujourd’hui, la commune du Gosier est coupée en deux par la route nationale 4, appelée « Riviera« , qui mène de Pointe-à-Pitre à Saint-François.

Au Sud de cette route se trouve la partie littorale, très densément peuplée avec des quartiers consistant majoritairement de petits immeubles (Marina, Bas-du-Fort, le bourg,…) et d’autres, plus huppés, constitués principalement de luxueuses villas (Dampierre, Petit-Havre, …).

Au Nord de la RN 4 se trouvent les fameux « fonds » du Gosier, des vallons verdoyants recouverts d’une végétation dense et luxuriante. Cette partie de la commune est bien plus rurale que la partie littorale; elle laisse la part belle à la nature et à la forêt tropicale. C’est aussi la partie la plus authentique de la commune et c’est là que nous avons trouvé nos marques.



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Les « Grands Fonds »

Alors que la plupart des îles tropicales se contentent d’une simple route côtière, l’une des particularités des fonds (du Gosier et des communes voisines) est de fournir un étonnant réseau de petites routes quadrillant l’intérieur de l’île. Ce vaste maillage, génériquement appelé « Grands-Fonds », est un véritable dédale pour l’automobiliste non-initié. Les panneaux s’y font rares alors que les routes regorgent d’intersections et que de nombreuses directions se terminent en impasse ou en pistes trop escarpées. Et pourtant, ces Grands-Fonds fournissent potentiellement des itinéraires extrêmement efficaces pour éviter ce qui est l’une des spécialités les plus tristement célèbres de la commune : ses embouteillages.

En effet, nombreux sont les guadeloupéens qui, charmés par la beauté de la côte Sud de l’île, habitent le Gosier, Sainte-Anne ou Saint-François mais qui, forcés par la centralisation de l’activité économique, doivent tous les jours se rendre aux Abymes, à Pointe-à-Pitre ou à Baie-Mahault. Le Gosier est alors un passage incontournable sur cet itinéraire et y on compte entre 30 000 et 50 000 véhicules par jour. Il n’est donc pas rare de mettre plus d’une heure pour relier Sainte-Anne à Pointe-à-Pitre alors que le temps de trajet normal est d’une vingtaine de minutes, à peine.

Ainsi, pour peu que l’on ait la patience de se perdre quelques fois dans ce dédale à la dénomination peu engageante, l’apprentissage de la géographie des Grands-Fonds peut représenter un intéressant investissement en temps.

Conclusion

Le Gosier est ainsi une commune aux facettes multiples. Sa grande densité et sa forte activité touristique font que toutes les commodités sont présentes sur la commune tout en gardant la possibilité de vivre en pleine nature, que ce soit au bord de superbes plages ou dans la luxuriante forêt tropicale. Idéalement située au centre de l’île, cette ville représente donc un excellent compromis à tous les points de vue, si tant est que l’on n’a pas peur des embouteillages ou de se perdre sur les petites routes de campagne.

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